L’homme, ennemi public numéro un

Roselyne Bachelot propose de punir les clients de prostituées. Une étape de plus dans la culpabilisation de la sexualité masculine.

Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, propose de pénaliser les clients de prostituées pour faire baisser leur nombre. L’idée vient de Suède, pays-phare en ce qui concerne les droits de la femme (mais qui s’est, récemment, posé beaucoup de question sur l’état réel des rapports entre les sexes).

Dans le cas où cette mesure passerait, on peut d’ores et déjà se demander comment elle sera appliquée. En outre, serait-elle efficace ? Comme l’indique une sociologue interrogée par l’AFP, la prostitution risque plutôt de changer de terrain, et non de disparaître. Il semble donc que ce type de loi, comme celle votée en 2003 contre le racolage passif, soit surtout d’ordre cosmétique ; on cache la misère, sans s’attaquer à ses causes réelles (malaise social, précarité des jeunes, prospérité des mafias…). On attaque ceux qui sont en bout de ligne, les plus visibles, les plus vulnérables : en 2003 les prestatrices, peut-être en 2011 ou 2012 les clients ?

« Il n’existe pas de prostitution libre. » Ah bon.

Mais puisque cette mesure serait si évidemment inutile, pourquoi la propose-t-on ? Et pourquoi Roselyne Bachelot se permet-elle de dire que « contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, il n’existe pas de prostitution libre, choisie ou consentante. (…) L’achat d’un acte sexuel correspond à la mise à disposition du corps des femmes pour les hommes, indépendamment du désir de celles-ci ». Une moindre enquête sur le terrain suffirait à vérifier que ces affirmations sont en partie fausses ; d’une part, que certaines femmes choisissent ce moyen pour gagner leur vie, et que d’autre part, tous les clients ne sont pas des salauds qui prennent plaisir à humilier des membres du beau sexe.

Mais ces considérations de Bachelot rejoignent un penchant bien actuel, celui d’attaquer le désir sexuel de l’homme dans sa forme même. La preuve, c’est que personne n’aurait l’idée de s’émouvoir de la prostitution des hommes, ou de l’image de la virilité véhiculée par les films X ; quoiqu’il arrive, si l’un de deux sexes est spolié, cela ne peut être que la femme. Pourquoi ? Parce que les sexes sont ainsi faits qu’il y a dans la sexualité des hommes quelque chose d’offensif, qui tient plutôt de « l’agression » ; et à l’inverse, dans la sexualité féminine, quelque chose qui tient de la « soumission ».

La chose est facilement vérifiable, mais l’esprit du temps semble de moins en moins l’accepter, dans une optique assez puérile de suppression de toute forme d’agression physique. Résultat : la frontière entre viol, prostitution et rapport sexuel consenti n’a jamais été si ténue, comme on l’a vu avec le débat sur le « sexe par surprise » impliquant Julian Assange. Pour résoudre l’ambiguïté sexuelle, au lieu de se tenir à la hauteur de la confrontation entre les caractères de l’homme et de la femme, on va insister exagérément sur leurs tendances saillantes. On va estimant, à l’emporte-pièce, que l’homme est toujours un peu trop insistant, et un peu plus coupable que la femme. Et que la femme, au contraire, a tendance à trop se soumettre, et à pratiquer la prostitution sous la contrainte seulement.

Bref, on veut purement et simplement supprimer ce qu’il y a d’excitant dans la sexualité en caricaturant les désirs de l’un et l’autre sexe.

Un ministère n’a pas de leçons à donner sur la sexualité

Nous avons donc affaire à du puritanisme, c’est-à-dire à un refus de voir les choses telles qu’elles sont, une manière de prétendre défendre les gens contre eux-mêmes. Notre société n’a pourtant de leçons à donner à personne, ni aux prostituées, ni à leurs clients. Car elle fait tout, d’une certaine manière, pour semer le trouble dans les consciences, pour exacerber les malentendus.

En effet, des tas d’indignités sont tout à fait tolérées aujourd’hui, et ne choquent pas grand monde, en tout cas aucun ministre. Que les rues de France soient tapissées de publicité figurant des « top-models » retouchées par ordinateur pour vendre vêtements, voyages et maquillages, c’est permis et encouragé. Qu’un certain type de physique maigrichon soit ainsi survalorisé et reconnu comme le seul propre à être jouissif, c’est permis et encouragé. Que chaque émission de télé soit présentée par une nenette décolletée, c’est permis et encouragé. Que la « sexualité libérée » soit reconnue comme le cachet de l’accession au bonheur,  c’est permis et encouragé. Que chacun s’adonne à l’exhibitionnisme sur les réseaux sociaux, c’est permis et encouragé. Que des millions d’internautes se soulagent devant des films X, c’est permis et encouragé. Que des actrices jouissent à gorge déployée devant caméra, c’est permis et encouragé. Que certaines jeunes filles, de plus en plus tôt, s’habillent « sexy », c’est permis et encouragé. Que quasiment tous les domaines de notre société soient gorgés ou de pornographie ou de niaiserie sexuelle, c’est permis et encouragé.

Par contre, le type qui, lamentablement peut-être, va se payer les services d’une prostituée, lui est tout à fait indigne, lui mérite d’être montré du doigt, lui représente une grave entrave à la liberté, lui devrait avoir honte de ne pas participer au concert global de la sexualité-pub, claire, nette, précise, réjouissante à tous égards. La seule liberté tolérée, c’est celle de la consommation d’illusion et du fantasme inoffensif. Toute attitude un peu trop frontale, concrète et offensive dans le domaine de la sexualité va empêcher le monde de tourner en rond.

De la même manière, tout mâle solitaire et conquérant sera vu comme un type potentiellement dangereux. Ce qui promet des lendemains atones, où, comme au États-Unis, les hommes éviteront de prendre l’ascenseur avec une femme qui pourrait facilement les accuser de tentative de sexe par demi-surprise et entacher leur réputation. De ce point de vue, sur-victimiser les femmes, c’est prendre le risque d’infantiliser le rapport hommes-femmes.

Faire la pute, l’un des « grands fantasmes féminins »

Comment sortir de ce cercle vicieux ? La porte pourrait être ouverte par les meilleures féministes, c’est-à-dire celles qui ont dépassionné leur rapport à la sexualité, autrement dit qui misent peu là-dessus pour attirer les autres et cultiver leur égo. Celle-là n’hésitent jamais à parler vrai, comme Brigitte Lahaie par exemple, l’ex-star du X reconvertie avec brio dans la radio. Elle anime quotidiennement, sur RMC, l’émission « Lahaie, l’amour et vous ».

Interrogée par ses collègues des Grandes gueules sur la proposition de Bachelot, elle s’est prononcée plutôt contre, rappelant en passant qu’interdire la prostitution entraînerait, chez des usagers de plus en plus frustrés, des troubles psychiques. « La sexualité est compliquée, pleine de problèmes, de frustrations,  de difficultés. [...] Et puis attention : c’est l’un des grands fantasmes féminins de faire la pute. » Voilà un discours de plus en plus inaudible : dire que la sexualité pourrait être autre chose qu’un puits à épanouissement sans contrepartie, et surtout que le désir sexuel des femmes possèderait, autant que celui des hommes, sont lot d’ambiguïté. Car si la grande majorité des femmes ne prendraient, concrètement, aucun plaisir à verser dans la prostitution tarifée, il existerait une tendance de fond féminine à « faire la pute ». Il faut juste accepter de le constater, mais manifestement toutes les femmes, loin de là, n’en sont pas capables. Il est vraiment étrange de constater que tant de femmes qui se disent féministes portent clairement atteinte à la cause des femmes, en les idéalisant en symboles de pureté.

Derrière le mot « respect » que l’on utilise aujourd’hui à tort et à travers, se cache parfois beaucoup d’infantilisme, d’idéalisation naïve, de volonté de ne pas grandir, de continuer à croire à un monde où il n’y aurait littéralement plus de problèmes. Nous avions proposé l’idée, dans un précédent article, que la femme deviendrait peut-être « l’avenir pénal de l’homme ». Cela n’arrangerait ni les hommes, ni les femmes.

Crédit photo : Horia Varlan / Flickr

D’autres coups de gueule sur Retour d’actu.

Dans le même ordre d’idée, cette critique d’une pièce de Bernard-Marie Koltès où le héros aimerait s’empêcher de bander pour ne plus être manipulé par la propagande ambiante, cette analyse sur les nombreuses zones d’ombre de la « libération sexuelle », ce papier qui concerne le rapport étrange des idéologies sociales au corps de la femme, objet de toutes les convoitises et de tous les malentendus, enfin cet article sur le film M le Maudit, où Fritz Lang déshabille la manière avec laquelle toute société se défausse de ses responsabilités sur une brebis galeuse. Sur un blog du Monde, cette analyse qui tient certains des arguments ci-dessus.

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13 Responses to L’homme, ennemi public numéro un

  1. Schmourtz says:

    B. Lahaie parle de « fantasme à faire la pute » et voilà que ca se transforme en « tendance de fond ». Je n’ai pas bien saisi le rapport avec une éventuelle interdiction de la prostitution. Ce n’est pas parce qu’on fantasme de quelque chose que ca en devient un argument en faveur de ce quelque chose.

    • Ruddy V says:

      Je laisserai bien sûr mon collègue répondre sur le fond.

      Pour le devancer un peu (il est encore en congé !), je ne pense pas qu’il suggère un lien direct entre les deux idées. Il met plutôt en avant le fait que la sexualité féminine a son lot de non-dits et de zones d’ombre, contrairement à une image un peu commune qui la dépeint comme uniquement subtile et moins « animal » que celle de l’homme… qui, lui, suscite presque automatiquement la méfiance sur ce terrain-là.

      Pour ce qui est de l’expression « tendance de fond », peut-être choque-t-elle, mais elle découle de l’analyse d’une « spécialiste » de la chose à sa manière ! Là encore, il ne s’agit pas de dire que c’est une règle absolue chez la gent féminine, mais juste que cette tendance existe aussi.

  2. Bonjour, et merci de la lecture et du commentaire.

    Ma formulation est peut-être maladroite dans « une tendance de fond » ; j’ai reformulé l’expression de Lahaie pour ne pas me répéter.

    Il me semblait m’être mis à l’abri de votre critique par cette phrase :  » Car si la grande majorité des femmes ne prendraient, concrètement, aucun plaisir à verser dans la prostitution tarifée, il existerait une tendance de fond féminine à « faire la pute ».

    Il y a toujours, on peut l’expérimenter soi-même, une vraie différence de nature entre l’acte fantasmé et l’acte effectué. Il ne s’agissait pas pour moi de facilement dire qu’au fond toutes les femmes voudraient être des putes, ce qui serait une ineptie ; mais de montrer, comme l’a résumé Ruddy, qu’il y une sorte de puritanisme qui tend à faire des femmes d’éternelles victimes et des hommes d’éternels agresseurs. Et qu’on peut le sentir, entre autres, dans le fait de taire la réalité de certains fantasmes féminins.

  3. ROBERT O. says:

    Votre article est de loin le plus étrange que j’ai lu sur le cas de la prostitution. Vous semblez faire grand cas d’accuser la société de prôner de plus en plus une vision unique de ce que devrait être la sexualité (une sexualité « libérée » comme seule clé du bonheur, un seul type de physique anorexique comme seul désirable…). Et c’est tout à votre honneur.
    Puis vous enchainez immédiatement sur un élément de détail, le fantasme de la pute chez certaines femmes, pour clamer haut et fort que soi-disant, « il existerait une tendance de fond féminine à « faire la pute ». Il faut juste accepter de le constater, mais manifestement toutes les femmes, loin de là, n’en sont pas capables. » (!!)

    Vous semblez prendre un simple point de détail pour « globaliser » une attitude qui serait propre à toutes les femmes, et vous faites donc l’apôtre de la pensée unique. Donc, selon vous, cela signifie de plus des comportements en matière de sexualité qui divergeraient obligatoirement selon que l’on est un homme ou une femme. Vous qui vous vous plaignez qu’en matière de sexualité les femmes sont trop souvent vues comme victimes et les hommes comme bourreaux, cet argument vous dessert plus qu’autre chose !

    Et puis pour rejoindre Schmourtz, ce n’est pas parce-qu’un fantasme existe qu’il légitimerait le fait que ce fantasme devienne un fait de société ! Vous le dites vous-même, la sexualité a parfois sa zone de mystères, de frustrations… et même au niveau de sa définition pure, un fantasme n’a pas vocation à devenir réalité, ou alors ce n’est plus un fantasme.

    Le fantasme du viol existe aussi, doit t’on dans ce cas légaliser le viol?

    • Bonjour,

      Merci pour votre lecture et votre commentaire.

      Je tenais à dire cela : il me semble que l’on observe une « diabolisation » du désir sexuel mâle, dans la mesure où il a sa part d’agressivité et de goût pour la conquête, et que notre époque veut absolument tout sauf de l’agressivité et de goût pour la conquête (d’où son rêve pour cette fantasmatique « sexualité apaisée », etc.). Il me semble que les tenants de la théorie de la domination masculine par le sexe vont toujours avoir tendance à idéaliser la femme (en fait, la mère), et c’est pour cela qu’il me paraît de plus en plus drôle et intéressant de décrypter la femme, et de mettre à jour ses désirs profonds (je vous rassure, ce n’est pas pour demain, c’est le tabou des tabous). Ne serait-ce que pour montrer que l’on ne peut pas liquider le problème trop facilement. L’un de ses fantasmes, « faire la pute » comme dit Lahaie. Elle pourrait très bien dire : « Les femmes sont exploitées par la prostitution, les hommes doivent se contrôler » ; mais, n’étant pas naïve, elle veut montrer que le sujet est bien plus complexe, et qu’on trouvera par exemple, chez des tas de filles, du masochisme par exemple (assez commun) ; ou bien une tendance à faire la pute et s’habillant comme si elles en étaient une, tendance qui se constate aisément le vendredi et le samedi soir dans n’importe quelle ville de France (il faut bien appeler un chat un chat). Par ailleurs, je ne crois pas que cela place automatiquement la femme dans une position de victime : au contraire, elle peut tout à fait mener la dragée haute à certains hommes en adoptant une telle stratégie.

  4. Pingback: Roselyne Bachelot, la bonne blague |

  5. Pingback: Ozon n’a pas osé : la Femme reste immaculée |

  6. Aurore says:

    NON, « faire la pute » n’est pas un des grands fantasmes féminins.
    NON, la sexualité féminine n’est pas pathologiquement marquée par la soumission.
    Ça, ce n’est rien que dans vos fantasmes malsains, repris et formatés par l’idéologie pornographique et prostitutionnelle dominante qui vous lave commodément le cerveau pour vous sentir le prétendu droit inaliénable d’acheter et d’utiliser des corps humains comme des kleenex.

    Savez-vous comment je le sais ? Parce que JE SUIS une femme. Et je ne laisserai personne, ni votre sotte et dangereuse Brigitte Lahaie, et encore moins des hommes, et surtout des hommes de votre acabit, dicter ce qui est et ce qui n’est pas ce que JE suis.

    Que savez-vous de moi ? De mes désirs ? De mes fantasmes ? De mes plaisirs ? Vous n’en savez rien, et vous n’en saurez jamais rien car vous êtes trop obnubilé par votre sacro-saint phallus et sa jouissance morbide fixée sur la violence et la souffrance d’autrui.
    Et vous reprochez à Roselyne Bachelot et consorts de « caricatur[er] les désirs de l’un et l’autre sexe » ? Vous vous foutez vraiment de la gueule du monde !

    Votre article est un ramassis de la pire des misogynies et du culte d’une masculinité mortifère qui est la cause de l’intégralité des horreurs que l’on voit de par le monde.

    Vous êtes l’incarnation de ce qui me fait dire de plus en plus que je vais finir par conserver toujours un couteau bien aiguisé sur moi, afin de me protéger d’une sexualité masculine que certains se plaisent encore commodément à croire naturellement « offensive », aimant prendre par « surprise », passant par une domination priapique irrépressible.
    Ils vont voir, ceux qui vont essayer à nouveau, si mon fantasme féminin naturel est la soumission à leur désir de « conquérant » !

    Et non seulement vous faites l’apologie vomitive d’une vision de la sexualité masculine qui fait du viol le point d’aboutissement absolu, mais en plus vous avez le culot d’essayer par-dessus le marché de faire passer ces hommes pathologiquement agressifs pour de pauvres victimes.
    Oh là là. Pauvres hommes qui aiment soumettre d’autres êtres humains, pauvres hommes qu’on risque potentiellement d’empêcher d’humilier des femmes (et, dans une moindre mesure, d’autres hommes) par la contrainte de l’argent, déjà qu’on ose parfois les pénaliser de les humilier par la contrainte de la force ! Où irait le monde, ma bonne dame, si les hommes ne pouvaient plus bientôt projeter impunément sur les femmes leurs fantasmes de destruction et de sadisme, en les accusant fort commodément de masochisme et de plaisir dans l’auto-destruction ?

    Si vous êtes un monstre, assumez-le, mais n’allez pas essayer de vous dédouaner en voulant faire croire que c’est la nature de tous les hommes d’être aussi répugnants que vous.
    Tous les hommes n’ont pas oublié d’être humains avant de se draper dans le rôle surfait d’ »hommes ».

    • Bonjour,

      Je vous remercie pour votre commentaire que je trouve quand même un brin excessif.

    • John Rambo says:

      C’est triste de voir que les femmes tombent sempiternellement dans les même pièges… Si vous permettez, je vais tenter de vous donner quelques « armes » pour mieux vous défendre en société, chère mademoiselle.

      Au préalable, sachez que ce qui fait la force des hommes qui font le malheur des femmes, ceux qu’on aime appeler de nos jours les « pervers narcissiques » mais qui relève tout simplement de la mentalité du proxénète, bref de la racaille, la même racaille qui sévit depuis la nuit des temps… Et bien, les membres de cette racaille ont une étonnante capacité à disqualifier le ressenti des femmes. Ces hommes savent mieux que quiconque exploiter l’empathie et l’instinct maternel des femmes… Grosso modo, ces hommes vont donc faire du mal à une femme, puis comble de la maltraitance, ils vont nier farouchement la peine qu’ils lui ont causé, tant et si bien que c’est la femme qui finira par se sentir coupable… C’est le terrible constat que l’on peut faire en cas de viol, où en règle générale, c’est la femme qui se sent mal et qui culpabilise. Ainsi, lors des procès pour viol, il est courant de voir le violeur rejeter la faute sur la victime, qui se trouve alors désemparée et qui n’ose plus se défendre, donnant ainsi raison au violeur… car qui ne dit mot consent.

      Mais est-ce que l’auteur de l’article vous a fait vous sentir mal ? Est-ce qu’il disqualifié votre ressenti ? Bien au contraire ! Avec lui – ou plutôt contre lui – vous avez osez vous affirmez comme jamais ! Vous mettez en avant vos désirs, vos fantasmes et vos plaisirs, vous vous exprimez à la première personne, sans aucun égard pour la sensibilité de l’auteur. Vous cognez dur sans la moindre culpabilité. Et pourquoi osez vous tout cela, alors qu’avec le premier beauf venu, vous vous feriez sans doute bien plus discrète ? Et bien, parce que l’auteur a osé parler vrai, avec honnêteté, sans chercher à dissimuler ce qu’il y a de plus vil et tragique dans la nature humaine. Au fond, avec cet auteur, vous vous sentez comprise et protégée, c’est pourquoi vous vous êtes laissée aller à lui faire « une scène ». Car il n’y a qu’avec un homme en qui elle a confiance, et qui ne répondra pas à la violence par la violence, qu’une femme ose faire une scène.

      Maintenant, pour le fun, voici un petit panaché de vos « boulettes » :

      1- »NON, « faire la pute » n’est pas un des grands fantasmes féminins. »-
      Il suffit de sortir à Paris un soir, on se croirait dans un bordel à ciel ouvert. Sans compter les décolletés plongeant qui sévissent jusqu’au mois de Décembre. Que voulez-vous, les femmes aiment faire la pute bien qu’elles détestent le sexe…

      2- »Ça, ce n’est rien que dans vos fantasmes malsains, repris et formatés par l’idéologie pornographique et prostitutionnelle dominante qui vous lave commodément le cerveau. »-
      Dans l’idéologie pornographique, la femme subit toutes sortes d’outrages, mais le désir de l’homme, son ressenti, n’a pas le droit de cité. Avez vous déjà vu un gros plan sur le visage de l’homme dans l’idéologie pornographique ? Tantôt victime, tantôt jouisseuse, c’est toujours le désir féminin qui est mis en avant, l’homme étant relégué au rôle de manutentionnaire.

      3- »Votre article est un ramassis de la pire des misogynies et du culte d’une masculinité mortifère qui est la cause de l’intégralité des horreurs que l’on voit de par le monde. »-
      Le culte de la masculinité serait à l’origine de l’intégralité des horreurs que l’on voit de par le monde ? L’homme serait donc coupable à 100% et la femme victime à 100%. Je me trompe où vous essayez de culpabiliser les hommes ? C’est-à-dire de leur faire du mal ? Pourtant je croyais que c’était la femme qui était victime à 100%… Qui plus est, vous sous-estimez les femmes, elles ont leurs propre armes, et savent peser dans les décisions du monde en toute discrétion. Me voilà donc obligé de redorer le blason des femmes, cette citation, je l’espère, vous plaira :
      « Joséphine n’espérait plus ébranler la résolution de son ‘petit Bonaparte’. Du moins pouvait-elle l’attendrir. Il fallait assurer l’avenir de ses enfants, sa situation de souveraine répudiée. Elle excella à mettre de son côté les sympathies, devant le public et devant l’histoire. Et c’était Napoléon, gauche, ému, contraint, qui avait la moins bonne contenance, tellement dans la politique de la vie, la femme est supérieure à l’homme, si extraordinaire soit-il ».

      4- »Vous êtes l’incarnation de ce qui me fait dire de plus en plus que je vais finir par conserver toujours un couteau bien aiguisé sur moi. »-
      Enfin une bonne idée ! Puisque par esprit d’indépendance, la femme ne veut plus être protégée par son mari, et que la justice fait prévaloir les droits des criminels sur ceux des honnêtes gens, il est en effet grand temps que les femmes apprennent à se protéger toutes seules. Enfin, une décision responsable !

      5- « Oh là là. Pauvres hommes qui aiment soumettre d’autres êtres humains, pauvres hommes qu’on risque potentiellement d’empêcher d’humilier des femmes »-
      Voilà exactement ce que ce dirait une femme s’il avait affaire à un beauf ou une racaille. Tandis qu’avec l’auteur, qui lui ne cherche pas à vous culpabiliser, vous énoncez ces propos avec ironie et dans un esprit accusateur. Le problème c’est que vous traitez l’auteur de monstre, vous lui faites payez ce que les autres hommes vous ont fait. C’est une très mauvaise stratégie.

      6- « Tous les hommes n’ont pas oublié d’être humains avant de se draper dans le rôle surfait d’ »hommes » »-
      Ah, les ravages idéologiques de l’humanisme ! Et bien vous vous trompez, l’être humain est tel que le décrit l’auteur. C’est pourquoi au sortir de l’Antiquité les femmes ont imposé aux hommes le mariage chrétien. Ce sont elles qui ont voulu d’une société patriarcale où l’homme s’efforce d’être à la ressemblance de Dieu. Mais depuis que nous nous vautrons dans l’humanisme, les mœurs se dégradent à vue d’œil… Nous assistons à un retour de la bestialité dont les femmes seront bien entendu les premières victimes. Encore une fois, très mauvaise stratégie.

  7. Zinzoline says:

    1- »NON, « faire la pute » n’est pas un des grands fantasmes féminins. »-
    Il suffit de sortir à Paris un soir, on se croirait dans un bordel à ciel ouvert. Sans compter les décolletés plongeant qui sévissent jusqu’au mois de Décembre. Que voulez-vous, les femmes aiment faire la pute bien qu’elles détestent le sexe…

    > What ? En quoi la manière de s’habiller a t-elle un lien quelconque avec l’envie de se faire pénétrer pour de l’argent par un homme qu’on ne désire pas ? Avec options con, moche, violent, qui pue ou même malade, le grand kif quoi !

    Vraiment j’aimerais bien comprendre la mauvaise connexion de neurones qui s’effectue dans votre matière grise pour en arriver à une telle conclusion. Montrer son corps > Aguicher les mecs > Vouloir du sexe > Pute ? Un truc du genre ?

    Je suis navrée de vous apprendre des choses aussi simples (surtout parce que vous devriez les savoir, ça fait peur) mais montrer son corps ne signifie pas chercher à plaire aux hommes. Non, vous n’êtes pas le centre du monde. Vouloir plaire ne signifie pas vouloir coucher avec un homme. Et coucher avec un homme pour lequel on ressent du désir ne signifie pas qu’on serait partante pour coucher avec un inconnu qui nous paie et pour lequel on ne ressent aucune excitation.

    Difficile donc, il m’en semble, d’en arriver à relier tenue vestimentaire et prostitution à moins, au choix, d’une mauvaise foi caractérisée ou d’une vision de la femme particulièrement vomitive.

    Aimeriez-vous être payé pour être sodomisé ou pour sucer la queue d’un homme qui ne vous plait pas ? Non ?

    Eh bien, attention,
    scoop,
    vous n’allez pas en revenir,
    accrochez-vous à votre siège,
    c’est fou,
    vraiment,
    totalement dingue :

    C’est pareil pour les femmes !

    Si si, j’vous jure. Et vous pensez que porter un décolleté change quelque chose au simple constat qu’aucun être humain ne désire servir de dévidoir à un homme ? Serioulsy ?

    Last but not least, ce qui est risible dans votre intervention c’est que vous croyez à travers votre minable réponse donner à cette femme des armes pour mieux se défendre en société. Vous êtes d’un pathétisme misérable mon cher ami. Il n’existe aucune arme contre la bêtise dont vous faites preuve.

    Mes plus sincères condoléances.

    • Bonjour,

      Je vous remercie pour vos commentaires.

      J’apporterai pour ma part deux nuances :

      - « Faire la pute » ne signifie pas forcément apprécié être payée pour faire l’amour, mais aussi fantasmer d’être utilisée comme objet sexuel (cf le dernier film de François Ozon qui rappelle que, si-si, c’est un fantasme féminin – fantasme ne veut pas dire qu’on aimerait, concrètement, le faire, je précise, ni qu’on y tirerait du plaisir, la réalisation d’un fantasme est souvent décevante). C’est dans ce sens que Brigitte Lahaie emploie également le mot « pute » à mon avis. Je crois que l’exhibitionnisme échevelé des filles, autour de nous, qui n’est pas un choix de chacune d’entre elles mais qui est une soumission à un diktat social (ainsi, aujourd’hui, une fille ne peut que difficilement trouver en magasin un petit haut qui ne soit pas transparent et ne laisse pas voir son soutien-gorge), va vraiment dans le sens de ce fantasme d’objet sexuel, de poupée à baiser sans prendre en compte qu’elle a une psyché. Il est bien évident que si une fille veut lutter contre cette vision de la femme, elle a intérêt à ne pas – trop – se montrer. Par ailleurs, une fille dont les attributs restent secrets, suggérés, est mille fois plus excitante. C’est ne rien avoir compris à la sexualité humaine, cultivée, que de sortir ses atouts avant même d’avoir ouvert la bouche. Je ne suis pas sûr que les femmes se fassent honneur en obéissant à ce diktat, ou en le choisissant soi-disant pour elles-mêmes. Il ne faut pas s’étonner, en tout cas, que des types les brutalisent verbalement. Un homme a le sang chaud ? Bien sûr, ça fait quelques millions d’années qu’on le sait, mais aujourd’hui on voudrait tout simplement gommer ce fait. C’est ridicule. Évidemment, disant cela, on m’accusera facilement de pardonner un homme qui insulterait une femme (je ne parle même pas de violences physiques). C’est évidemment faux, j’ai honte de mon genre lorsqu’une amie me raconte ce genre d’anecdotes, et je suis même, en général, beaucoup plus énervé que la victime, qui a malheureusement l’habitude de subir cela.

      - Par ailleurs, il est très rare qu’une fille fasse l’amour gratuitement. Les rapports hommes-femmes ne sont pas exempts d’une certaine dimension « prostitutionnelle ». Pour faire l’amour à une fille, lorsque l’on est un gars, sauf si l’on est Brad Pitt, il faudra passer, en général, par une série de tests. Parmi ces tests, les transactions monétaires jouent souvent un rôle (cadeaux, voyages, resto, etc.). Et pas le moindre. Ça fait partie de la « parade amoureuse » (et d’une certaine manière c’est très bien comme ça). Or, pourquoi le mec paye, au fond ? Pourquoi le mec est sympa ? Bien sûr pour finir par avoir la fille dans son lit, dans 90% des cas. Sans compter les rétributions morales (ne pas dire des choses qui pourraient vexer la fille et l’éloigner de l’objectif final). Ainsi, je ne crois pas que cela soit un abus de langage de dire que les relations hommes-femmes, les plus normales, les plus « saines » qui soient, les plus respectables socialement parlant, ont une teinte plus ou moins prostitutionnelle. Mais comme c’est pas très joli-joli, on enrobe tout cela de romantisme. Le fond de la question, hélas, restera basé sur les deux grands moteurs de la modernité sociale : le sexe et l’argent. Ça ne veut pas dire, heureusement, qu’aucun autre type de relation hommes-femmes n’est possible. Mais dans 90% des cas, cela se passera ainsi. Et ce n’est ni la faute des femmes, ni celle des hommes.

  8. John Rambo says:

    Chère Zinzoline, est-ce que vous vous rendez compte que vous abondez en mon sens ?

    Je dis bien qu’une femme aime faire la pute, mais qu’elle déteste le sexe… Donc lorsque vous déclarez « Vouloir plaire ne signifie pas vouloir coucher avec un homme », ou encore de manière plus crue :  » Aimeriez-vous être payé pour être sodomisé ou pour sucer la queue d’un homme qui ne vous plait pas ? Non ? [...] Et bien c’est pareil pour les femmes ! « . Vous abondez encore et toujours dans mon sens, car je dis, et lisez bien jusqu’au bout, que : « les femmes aiment faire la pute, mais qu’elles détestent le sexe ».

    Allons un peu plus loin dans la réflexion, qu’est-ce qu’une pute ? Est-ce une femme qui veut avoir des relations tarifées avec des inconnus ? Oui. Est-ce que les putes aiment leur métier ? Vraisemblablement non. Ce qui caractérise une pute, ce n’est pas son activité sexuelle proprement dite, c’est le fait qu’elle est une chose publique. Ainsi, pourvu qu’on ait la somme suffisante, elle est accessible au tout venant. Il n’y a aucune discrimination affective chez la pute, elle ne se réserve pour personne. Voilà pourquoi je compare les femmes qui veulent plaire à des putes.

    Allons encore un peu plus loin dans la réflexion, qu’est-ce qu’une femme qui veut plaire ? C’est une femme qui veut éveiller le désir sexuel chez l’homme qui la confronte du regard. Bien entendu, une fois le désir sexuel éveillé, la femme qui veut plaire s’en ira, générant chez l’homme une frustration sexuelle, ce qui est une forme tout à fait sournoise de souffrance. La femme qui veut plaire commet donc un attentat sexuel, ce qui constitue une forme de violence qui n’est pas sanctionnée par la loi. Comme c’est commode !

    Une dernière chose, lorsque vous dites : « Et vous pensez que porter un décolleté change quelque chose au simple constat qu’aucun être humain ne désire servir de dévidoir à un homme ?  » Vous confirmez une intuition de ma part, merci. Les femmes vivent bien leur sexualité sur le mode du dépotoir. Voilà pourquoi elles n’acceptent de coucher avec un homme que dans 2 cas précis. Soit, parce qu’elle est dans un mouvement d’auto-destruction, dans ce cas, elle couchera avec un homme le plus minable possible, et qui aura toutes les chances de l’humilier et de lui faire du mal. Soit, elle couchera avec un homme qui pourrait faire un bon mari, ainsi, il ne s’agit plus pour la femme de recevoir la semence de l’homme en tant que déchet, mais en tant que promesse plus ou moins lointaine d’obtenir une réparation convenable : un bébé.

    Insultez moi tant que vous voulez, mais sachez bien que vous êtes, comme toutes les femmes de votre génération, lobotomisée par le féminisme. C’est pourquoi vous êtes incapable de distinguer vos alliés de vos ennemis. Qui plus est, vous vous accommodez des défauts d’un homme, mais vous lui reprocherez toujours ses qualités, ce qui abouti inexorablement à la situation suivante : vous fréquenterez des abrutis, parfois même de vils abrutis, tandis que vous agonirez de sottises les hommes de qualité.

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