Skyrock : quand la vulgarité symbolise la liberté

La radio libre de Skyrock est menacée ? « C’est la liberté d’expression que l’on attaque ! », entend-on. Faut-il en déduire qu’aujourd’hui, seule la vulgarité a les moyens de symboliser la liberté ?

Plusieurs médias s’en sont moqués : alors que la radio Skyrock vient de perdre (provisoirement ?) son patron historique, Pierre Bellanger, des hordes d’hommes politiques se bousculent au portillon pour se faire les apôtres de la « liberté d’expression » des radios libres et de la jeunesse.

Ils en sont là. Quémander de manière détournée quelques suffrages de la part de jeunes auditeurs écoutant chaque soir ce concentré de débilité et de vulgarité que constitue l’émission radio libre de Skyrock.

Micros grands ouverts pour Lang, Hollande, Hamon, Yade…

Jack Lang se dit rien moins « qu’ulcéré » et « prêt à descendre dans la rue ». Rama Yade, droguée à l’électorat jeunes pour assurer ses chances à la présidentielle de 2054, a twitté ce message émouvant : « Soutenons la radio de toute une génération : La liberté de ton n’est pas à vendre.»

François Hollande, après son régime amincissant, fait dans le régime moins-de-vingt-six-ans : «Pierre Bellanger n’est pas un dirigeant, c’est le fondateur donc on ne peut pas en disposer comme si c’était un produit.» Pierre Bellanger, le Victor Hugo des temps modernes ! Victime des excès du capitalisme ! (Ajout du 28/04/2011 : aujourd’hui, la boucle est bouclée : le Crédit agricole a investi dans Sky de manière à maintenir Bellanger à son poste. Le capitalisme protège, finance la « liberté d’expression », qui prouve par là même qu’elle n’est qu’une liberté d’expression de carton-pâte. CQFD.)

Mais est-ce que la vulgarité régnant dans les émissions radio libre de Skyrock, n’est pas également l’un des effets pervers de nos démocraties de marché ? Où les discussions restent au raz des pâquerettes pour attirer le chalant, le faire bien marrer puis l’asperger de pubs et de conseils d’achats ? Skyrock, lieu de la liberté d’expression anti-capitaliste, quelle belle fable. Pourquoi les « artistes » soutiennent-ils la radio ? Pour vendre leurs disques.

La liberté d’expression est devenue la liberté d’être vulgaire, rien d’autre

Par ailleurs, il est quand même terriblement désolant qu’en France, l’on ne pense à défendre la liberté d’expression que lorsqu’un rappeur marmonne qu’il encule De Gaulle, qu’un quidam se torche avec le drapeau français ou lorsqu’une émission qui parle 80 % du temps de baise est menacée de disparition (et d’ailleurs, en quoi le fait d’écarter Pierre Bellanger menacerait-il le ton de la radio ? Il y a bien sûr, et d’abord, des enjeux en interne derrière cette affaire). La vulgarité est-elle réellement devenue la seule raison d’être de la liberté ? Serions-nous seulement libres d’être vulgaires, et rien d’autre ? Pourquoi la disparition d’une émission, par exemple, littéraire, n’éveillerait quasiment aucune indignation de la part de nos politicards ? Pourquoi le massacre quotidien de la langue française auquel s’adonne la plupart des personnalités publiques n’entraîne aucun rassemblement contestataire ? Pourtant, il paraît évident qu’une liberté d’expression digne de ce nom n’a de sens réel que si la langue qu’elle utilise est maîtrisée, et son vocabulaire riche.

Tout cela est possible par la grâce du système démocratique : la quête effrénée d’un dénominateur commun ne peut pas aller sans une chute vertigineuse dans le précipice de la millénaire vulgarité de la plupart des gens. Le Moyen-Âge est peut-être devant nous, c’est la grande nouvelle de ce début de siècle. Il ne s’agit pas de dire que Skyrock n’a aucune utilité, ou qu’il faudrait l’interdire. Mais de placer l’éventuelle édulcoration du flot de paroles sans intérêt diffusé sur cette antenne parmi les sujets de préoccupation sérieux, de remplacer le visage de la femme de la Liberté guidant le peuple par le visage du gai luron Difool, voilà qui montre que nous sommes bien six pieds sous terre.

Les foules adorent les Difool

Pour finir, nous qui avons écouté quelques années l’émission de Difool dans cette période désolante, mais qu’il faut bien traverser, que l’on appelle l’adolescence (fin des années 90), nous pouvons ici, de mémoire, rappeler le genre de propos qui se tiennent quotidiennement dans l’émission radio libre (moment-phare, donc, de la liberté d’expression dans notre pays) :

« Elle est bonne, cette meuf, Difool, putain. / – Ouah la salope ! T’as des photos ? A poil, hahaha. Mais elle est rasée ? / – Non mais attend, si elle veut sucer, pourquoi pas si elle a envie. Mais faut pas la forcer !… / – Ah ouais mais moi j’me la lave pas !… » etc.

Vraiment, merci à tous nos politiciens de nous montrer que la liberté est entre de bonnes mains. Ouf !, Jean Moulin n’est pas mort pour rien.

Crédit photo : Stephanie Booth / Flickr

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2 réponses à Skyrock : quand la vulgarité symbolise la liberté

  1. Bercilak de Hautdesert dit :

    « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. »

    Ces mots, mes chers amis, ne sont malheureusement pas de moi. Ils sont de Pierre Desproges, vous les avez sans doute déjà reconnus. Je voulais citer Desproges dans ce sujet. Allez comprendre, un sujet sur la vulgarité, étant donné la maîtrise de la langue de Desproges (qui de nos jours utiliserait « fustiger », vraiment ?)…Lorsqu’on écoute, lorsqu’on se perd, dans la lyrique démence des Tribunaux des Flagrants Délires de Desproges (je vous laisse les trouver, sachez tout de même qu’ils datent de 1982), il paraît inconcevable de pouvoir imaginer que moins de trente ans plus tard, on ajoute « lol » au dictonnaire au Royaume-Uni, comme me le faisait remarquer d’un air navré l’un de mes amis écossais.

    Fustigeons donc les angoisses mortelles…Car une envolée lyrique telle que celle que peut nous présenter (feu) Pierre Desproges ou (feu) Raymond Devos…En parlant de feu, je repense avec une crispation des zygomatiques à cette définition magistrale d’une grille de mots-croisés : « Ouvrir le feu », dont la solution était « Autopsier ». Songer que dans cette communauté francophone, il existe des gens capables de ce genre de mini-prodiges de la langue française, et que d’autres ne jurent que par les jurons, c’est ma foi bien troublant…

    Je ne ferai pas de paragraphes interminables sur le sens de la vie pour cette fois, vous me comprenez, j’ai des DVDs à regarder (comprenne qui pourra), je me contenterai d’utiliser un peu plus de cette analyse, bonne ou mauvaise, que je ne peux m’empêcher de faire et de cette réflexion que je ne peux m’empêcher de développer…

    Car songeons…La « vulgarité », finalement, c’est tout autant une somme de mots que peut l’être la poésie. Une somme de mots dont le total peut subjectivement être considéré comme étant de moindre valeur que celui de la poésie, mais une somme de mots malgré tout. Et que constatons nous ? L’emploi de « salope », de « connard », de « bâtard », de tous ces mots vulgaires qui sonnent dans mes oreilles de grenouilles de bénitier comme une balle de squash perdue dans le Bourdon du Sacré Coeur (mais bien sûr…), tous ces mots, en fin de compte, ils sont plus transmis qu’autre chose par l’opprobre populaire de la cour de récré, des parents aux enfants, de la rue, du supermarché, bref, de tout ce qu’on entend…Les mots importent peu, si on voit son pote se faire agresser au son de « bâtard enculé de ta mère » (à censurer, voyons), la signification très claire de la phrase dans son contexte fait qu’on va avoir tendance à réutiliser « bâtard enculé de ta mère » sans forcément même se poser des questions sur le sens, l’origine ou même la césure des mots…Plutôt que « bâtard enculé de ta mère », on utilisera « batarenculédtamèr », ce qui finalement, ne change pas grand chose, au sens où c’est pour son sens en contexte, et non pour son sens au titre de vulgarité qu’on ira l’utiliser…A ce niveau, de là à traiter quelqu’un de « rouleau de papier toilette » d’un ton extrêmement agressif ou de « tubercule comestible de la famille des solanacées » (pomme de terre, pour le commun des mortels que nous sommes) en explosant une conduite d’eau qui traîne, il n’y a qu’un pas.

    Pour faire plus simple, bien souvent, la vulgarité n’est exprimée qu’à défaut d’autre chose : la volonté d’ « en finir vite » avec ce qu’on veut dire fait recourir à la vulgarité comme milieu de simplification, sans doute…De la même manière que les sons et autres onomatopées le permettent (combien de filles en jupe courte se sont faites siffler ?).

    Ceci n’est bien évidement pas là un soutien à la vulgarité, mais peut-être une petite réflexion sur le sujet, sans plus de prétention que d’exister pour vous la faire partager. Je sais pour ma part être vulgaire, ce qui n’est ni une nécessité, ni une interdiction. La vulgarité peut être une arme, au même titre que la poésie, pour faire passer un message, car elle permet dans certains cas de réduire le message à son plus simple appareil. Encore une fois, je n’appuie pas la vulgarité en elle-même, mais quand on songe au « quand on est con, on est con » de Brassens, on se dit que forcément, il y a plus à la vulgarité que les simples mots qu’on veut bien laisser transparaître.

    Vous voulez que je vous dise, ce qui m’agace, dans mon plaidoyer aussi grandiloquent (ben voyons) qu’inutile (tiens ?), c’est que malgré tous les propos que j’avance, on va me taxer de soutien à la vulgarité dans son ensemble, et je n’aime pas les ensembles mal faits.

    A l’heure où faire des lettres, c’est sans doute devenu ringard, plonger dans la vulgarité est une expression simple de gens qui n’ont pas forcément les moyens de parler autrement de leurs problèmes « de jeunes ». Si sur la radio propre sur soi, on ne parlera pas de « bite » et autres « salopes », la liberté de Skyrock s’était obtenue en parlant crument de ces sujets dont ces pauvres ados (hm…) ont besoin dans leur développement. J’y reviens, mais je trouve que la vulgarité n’est pas tant condamnable en soi que l’usage que l’on en fait ; on a pu vouloir lancer des émissions « libres » sur Skyrock en utilisant la vulgarité comme coup de poing médiatique (« regardez Skyrock, ils sont pas comme les autres, ils sont vulgaires ! »), mais au final, faute d’exprimer une espèce de concept « clair » du « but » poursuivi par cette vulgarité et son utilité, on en est arrivé à un point où Skyrock est taxé (sans doute à raison) de vulgarité inutile. Je veux dire par là que la vulgarité, pour toute l’absence de beauté et l’irritation qu’elle peut causer aux adeptes de la langue de Molière que nous sommes, a probablement permis de dé-diaboliser beaucoup de concepts tabous, tels que le sexe, la violence dans les couples, les envies, les fantasmes…

    Qu’elle soit maintenant utilisée comme fer-de-lance de…Quoi ? Finalement, c’est ce qui est un peu navrant. La vulgarité a donc son intérêt, comme moyen, pas comme fin.

    Maintenant, deuxième petit point, mais vraiment de peu d’intérêt, car ressassé encore et encore, l’ « engagement » des politiques pour défendre cette « liberté » d’être bulgare, euh pardon, vulgaire (ceci n’est pas une insulte envers les Bulgares, juste une faute de frappe amusante que j’ai voulu conserver malgré tout).

    Les politiques, qu’on connait pour s’engager et défendre des causes, je ne sais pas si j’ai envie d’en parler sans être vulgaire (je plaisante). Je ne développerai pas plus que ça à ce sujet, comme je l’ai dit, on a tous déjà beaucoup réfléchi au sujet de l’utilité ou non de l’engagement ou pseudo-engagement de certains politiques au service de certaines causes.

    Je me contenterai de rebondir, avec mes infos en propre, sur ce que dit l’honorable maître Calafol sur le non-engagement des politiques contre l’hypothétique disparition d’une émission littéraire. Il m’a semblé que justement certaines émissions polémiques ou, dirons-nous, « critiques » s’étaient retrouvées reléguées d’une place de forte audience à un second rôle. Mon exemple reste malheureusement très vague, parce que je ne me rappelle ni les circonstances, ni l’émission en question (ni même s’il s’agit d’une émission de radio ou de télévision), mais la donne semble claire ; pourquoi vouloir défendre des émissions « littéraires » ou culturelles alors qu’on s’efforce de simplifier les choses pour tout le monde, de manière à n’avoir limite « plus à réfléchir ». De la même manière, on peut se poser la question sur le fait que des émissions d’engagement politique se retrouvent reléguées en seconde, voire troisième partie de soirée (passé minuit), là où le divertissement comme Louis la Brocante, Dr House ou encore Top Chef se retrouvent au premier plan (ils sortent en DVD, sans doute, pour ceux qui veulent se distraire).

    Je m’aperçois avec effroi qu’avec tout ça, mon discours me ramène encore une fois au sens de la vie, des buts des gens, et de la distraction. Comme je l’exprimais avec ma nonchalance et mes méandres habituels dans une autre réponse, je ne crains que dans l’équation qui oppose éternellement le sens et la distraction, on ait décidé pour nous que la distraction était beaucoup plus facile à exprimer, beaucoup moins coûteuse, et surtout beaucoup plus lucrative que l’irritante recherche de sens qu’on peut retrouver dans la vie de tout un chacun, quidam moyen, moutondepanurgesque ou non, que nous sommes.

    Donner aux gens ce qu’ils veulent, c’est plus facile, plus compréhensible, et probablement moins coûteux que de les faire sortir des ornières de luxe dans lesquelles ils choisissent parfois malgré eux de s’embourber. Je ne sais pas si vous le savez, mais ça coûte statistiquement au moins quatre fois plus d’attirer un nouveau client que d’en conserver un existant. Certes, certes, vous me direz « qu’est-ce que ça vient foutre dans ta diatribe implacable, mon cher Berci ? », et je vous comprends. Mais je vous explique : je tiens simplement à faire la comparaison : de la même manière qu’il coûtera moins cher à une entreprise de garder un client déjà existant, il coûtera sans doute moins cher à un politique de faire ce qu’on veut, plutôt que de faire des efforts pour nous emmener là où il veut, par idéologie.

    Les exemples sont nombreux : les gens veulent plus d’argent, être plus protégés, vivre mieux, etc. Ils ne comprennent donc par exemple pas pourquoi il faudrait changer les lois en matière de retraite, et grognent. La côte des politiques s’effondre, alors qu’une réforme peut s’avérer nécessaire. Dans le même temps, des politiques interviennent pour défendre la chute d’une radio « vulgaire », et n’y perdent officiellement pas de crédit, en défendant par de beaux mots la « liberté d’expression du peuple ».

    Vous noterez que je parle ici de coût, mais de coût au sens global, pas seulement financier. Un coût en termes d’image et de crédibilité peut donc coûter bien plus cher qu’une petite amende pour fraude fiscale (ou financement illégal de partis, ou autres). Et c’est ce coût que l’on cherche à éviter à tout prix, en « s’engageant » pour des « causes » « nobles » (ma touche guillemets commence à fatiguer…).

    Je crois avoir lu quelque chose en ces bas (ou hauts, au choix) lieux à propos du fait de donner aux gens ce qu’ils attendent…C’est encore une fois tout le problème ; un manque de…d’ « honnêteté intellectuelle », peut-être la nommerons-nous ainsi, peut conduire les gens à ne pas comprendre qu’on leur donne l’inverse de ce qu’ils veulent…De même qu’on ne peut pas dire systématiquement oui à un enfant qui ne veut manger que des sucettes, peut-on dire systématiquement oui à des gens qui réclament ceci ou cela ? La phrase présentée telle quelle est polémique, à comparer le commun des électeurs dont je fais partie à des enfants en mal de sucettes, aussi m’empresserai-je de préciser mon propos. Les gens (vous, nous, toi, l’ignare iconoclaste qui me lit peut-être avec intérêt, moi le premier) vont demander plus de justice, plus de moyens, plus d’argent. Conscients qu’ils n’obtiendront que partiellement gain de cause, ils vont demander plus que ce qu’ils ne veulent pour obtenir ce qu’ils veulent.

    En face, ceux qui doivent donner savent que les réclamants réclament plus qu’ils ne veulent, ils se préparent donc à donner moins qu’ils n’en veulent au final. C’est le jeu de la négociation commerciale, on en revient là. Et comme dans toute négociation commerciale, les « incentives », les petits plus qui amadouent la partie adverse et l’amollissent, sont les bienvenus. C’est là, entre autres, qu’interviennent les interventions (bonjour le pléonasme) des politiques pour des causes ; parce qu’une accumulation de petits plus peut permettre d’amollir les choix de ceux qui les suivent, les politiques sont prêts à s’engager sur tout et n’importe quoi, utilisant leur verbiage châtié et inspirant (« casse toi pauv’ con ! ») pour impressionner ceux qu’ils veulent mollir.

    Qu’importe si des grogneurs comme nous trouvent l’initiative risible de mauvaise foi et puante d’opportunisme, à force de cumuler les petits plus auprès de populations se recoupant (se recoupant, car si nous trouvons une initiative X puante, nous trouverons peut-être l’initiative Y louable, que d’autres trouveront risible), les politiques, en donnant au peuple ce qu’il veut, se simplifient la tache de distraire et satisfaire ledit peuple, tout en ignorant ou en reléguant aux calendes grecques son besoin de sens, que l’on a défini ailleurs comme étant individuel, et non collectif, et donc plus coûteux que les distractions collectives globales et mondialisées. Vivement une bonne guerre ! Ou des DVDs…

  2. Ernst Calafol dit :

    Merci encore pour ce commentaire.

    Je vais tenter de « répondre » à celui-ci, même si j’ai cru comprendre qu’il s’agissait plutôt ici de ruminer (comme dirait Nietzsche) que de « répondre » ou « contredire ». Que la vulgarité ait lieu, ça ne me dérange absolument pas, c’est même très sain, puisqu’une bonne moitié des êtres le sont (au moins). Par contre, de voir que le mot « liberté » ne sous-entend plus que « liberté d’être vulgaire », je trouve ça pathétique, très pathétique. Comme s’il n’y avait rien d’autre, finalement, que de la vulgarité. S’il n’y a plus de vulgarité, le message est inaudible. Voilà vers quoi l’on se dirige, on peut le craindre (et j’espère me gourer totalement).

    Après, on peut tout à fait accepter le fait que les politicards de tous bords donnent aux gens ce qu’ils veulent parce que c’est plus facile. Eh bien j’ai du mal à continuer de vivre sans dire que ces gens me font pitié, et que je ne m’y reconnais pas. Le monde est souvent pourri ; mais cela ne va pas sans dire. On parle beaucoup d’indignation, c’est à la mode, mais des gens réellement, concrètement, régulièrement indignés, avec des arguments ou des expériences personnelles à partager, il y en a si peu.

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