Le tout-sécuritaire, ou comment jouer le jeu des terroristes

Le tout-sécuritaire rend la vie occidentale de plus en plus pénible. Et doit tout à fait satisfaire les ennemis du modèle occidental. Il est désolant que nous n’en prenions pas de suite conscience.

Renforcement des patrouilles, fouille aléatoire de bagages… Voici les nouvelles joyeusetés sécuritaires que notre douce France va peut-être mettre en place dans les gares. A la suite, bien entendu, de l’attentat plus ou moins manqué qui a eu lieu dans le Thalys Amsterdam-Paris.

Comment ne réalisons-nous pas, collectivement, que renforcer les moyens sécuritaires en France, au sein de notre mode de vie occidental, est exactement ce que cherchent nos ennemis ? Leur objectif numéro un est de nous détruire, et l’un des meilleurs moyens de nous détruire est de nous rendre la vie invivable. De rendre le modèle occidental invivable en nous minant de l’intérieur. Et ils sont en train de réussir. Nous devenons, jour après jour, un peu plus paranoïaques, un peu plus nerveux.

Nous ne pouvons plus caricaturer le prophète Mahomet (j’attends de voir qui osera publier cela en pleine page, puisque cela le contraindra à vivre sous protection policière pour le restant de ses jours). Nous devons déjà passer par mille contrôles pour prendre l’avion depuis le 11 septembre, et tous les six mois un nouveau type de contrôle vient s’ajouter. On nous laissait encore tranquilles dans le train, mais visiblement plus pour longtemps. Où en serons-nous dans vingt ans, à ce rythme ?…

Que faudrait-il faire ? C’est à la fois simple et gigantesque : il s’agirait de rallumer la flamme spirituelle dans nos contrées. Et c’est là ce petit carat de vérité qu’incarnent les terroristes – car même les pires salopards incarnent un morceau de la vérité. Leurs actes sont l’un des symptômes de notre maladie : notre modèle occidental consumériste est un modèle de mort, il va dans le mur, et l’homme ne peut pas vivre, ni individuellement ni collectivement, dans un modèle où la sphère spirituelle est niée, et nous pouvons même dire : où la sphère religieuse est niée, où les êtres croient pouvoir vivre ensemble sans religion. Où les seules – fausses – issues proposées sont tragiquement limitées et petitement individuelles : l’argent, le pouvoir, le cul (dans l’ordre que vous voulez).

Rejet viscéral de toute idée de religion communautaire, matérialisme, culte de l’individu : autant de choses auxquelles nous devrons renoncer si nous voulons cesser de creuser notre tombe. Et nous n’y sommes pas, car renforcer les contraintes sécuritaires revient à nous enterrer nous-mêmes un peu plus, parce que nous ne voulons pas renoncer à nos idoles, qui sonnent pourtant plus creux que jamais. Et, ce faisant, nous ne ferons qu’exciter un peu plus les fanatiques de tous bords. C’est un cercle vicieux.

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