La Bayadère à l’opéra de Paris : une bien étrange soirée

Drôle de soirée du 20 mars 2012, lors de la représentation du ballet La Bayadère de Noureev à l’Opéra de Paris, avec la blessure de Dorothée Gilbert et son remplacement au pied levé par Mathilde Froustey.

La soirée avait si bien commencé ! On se réjouissait de voir Dorothée Gilbert dans le rôle de la cruelle Gamzatti, Aurélie Dupont semblait particulièrement à l’aise, Josua Hoffalt impeccable, comme d’habitude…

Malheureusement, lors du deuxième acte, Dorothée Gilbert se blesse sur un geste anodin : elle quitte la scène, tête basse, claudicant, les mains sur les hanches. Un claquage ? Rumeur dans la salle. Logiquement, on s’attend à ce que Mathilde Froustey prenne le rôle en remplacement. Alors que Solor (Hoffalt) est en plein solo, le public peut déjà apercevoir l’ombre de la « malheureuse » se découper sur le sol, sur la droite, depuis les coulisses. Elle entre, sous les applaudissements. Se tire très bien de la fin du rôle, malgré des fouettés légèrement défaillants sur la fin, et pas vraiment pratiqués de gaieté de cœur semble-t-il (personne ne lui en voudra).

Comme on l’a compris, hier soir, le drame de La Bayadère a été totalement supplanté par l’intrigue humaine, trop humaine du remplacement de Dorothée Gilbert (à qui l’on souhaite bien évidemment un prompt rétablissement).

La suite du spectacle a été altérée par ce petit drame qui n’a pas vraiment aidé les danseurs à être en confiance. En tout cas, cette représentation du 20 mars aura été un sorte de compilation de tous les ratés imaginables lors d’un ballet : trois chutes d’accessoires (tambour, bougie, fleur), une blessure, et des alignements très douteux au premier acte (il semble que les danseuses du corps de ballet se soient concentrées, lors des répétitions, sur le troisième acte surtout). Il ne manquait plus que le problème de décor, ou un raté de l’orchestre, et on aurait à peu près fait le tour.

Les magnifiques équilibres d’Aurélie Dupont

Aurélie Dupont, dans le rôle principal (Nikiya), a réussi, tant  bien que mal, à garder le cap malgré toutes ces dissonances. Ses équilibres étaient admirables, et son premier solo magnifiquement ample, détendu, serein. Quels bras !… Elle régnait. Concernant Dorothée Gilbert, il était intéressant de la voir dans un rôle de méchante, elle qui est plutôt associée à des personnages de jeunes filles en fleur. Elle y était convaincante, aiguë, coupante. Un parfait agent-double. La confrontation entre elle et Aurélie Dupont restera dans ma mémoire. Deux grandes artistes dans une scène de ce genre, ce n’est pas si fréquent.

Malheureusement, le spectacle n’a pas pu rester dans ses clous, une grande soirée semblait pourtant se dessiner… Malgré tout, ce genre de représentation reste un moment intéressant et assez émouvant pour les amateurs de danse. Voir la courageuse remplaçante venir sur scène sous les applaudissements…

Pour l’anecdote : j’avais vu La Bayadère en 2010, toujours à l’opéra de Paris, et quasiment au même moment de la chorégraphie, la danseuse Émilie Hasboun s’était blessée. Cette séquence serait-elle maudite ?…

Des critiques de La Bayadère sur le blog à petit pas et Danses avec la plume.
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